Ce 21 septembre, on célèbre la journée nationale de l’Arménie.

Il y a la petite indépendance du 28 mai 1918 dont le texte ne faisait pas référence à la notion
d’indépendance. Il y a la grande indépendance du 23 août 1990 celle ou le parlement arménien de l’époque parlait « d’indépendance » et donc de souveraineté.

J’ai le souvenir de cette période ou la mutation politique du pays se faisait dans la foulée du tremblement de terre .

Le 7 décembre 1988 à 11h51, l’Arménie était frappée par un séisme de magnitude de 6,9 ravageant le nord -ouest du pays dont les villes de Leninakan (Gumri) et Spitak.
Les terribles images de l’époque sont celles du Maroc d’aujourd’hui ou celles de la Turquie d’hier.

 

A Paris, je regardais ces images avec émotion comme tous les français d’origine arménienne avec un sentiment d’impuissance et de désolation.

Le lendemain du tremblement de terre, Charles Aznavour et son fidèle ami Levon Sayan décident de créer une association pour venir en aide au peuple arménien meurtri.
L’association Aznavour Pour l’Arménie venait de naitre. Elle sera déclarée à la préfecture de Paris, le 15 décembre 1988. J’ai l’honneur et le privilège d’en être le secrétaire général.
J’ai le souvenir de notre premier déplacement sur place en février 1989 dans la fin de l’Arménie république frère de l’URSS.
En atterrissant à Erevan en fin d’après-midi, nous sommes restés un long moment sans pouvoir sortir de l’avion car le tarmac était envahi par la foule galvanisée par la présence de Charles.
Durant ce moment, je pensais à tout.
A mon père que les circonstances n’avaient pas permis de découvrir notre terre ensemble.
A l’immense privilège de découvrir cette terre avec son plus prestigieux ambassadeur Charles que j’ai toujours appelé monsieur Aznavour durant plus de trente ans.
Au défi d’être présent en Arménie pour affronter une nouvelle épreuve cruelle et injuste ;
A la petite équipe qui a fait fonctionner cette association et qui continue :le père Raphaël, Gérard, Nora, Daniel, Régis, Michel et bien sur toute l’équipe en Arménie.

La visite de Spitak restera gravée à jamais dans ma mémoire. L’odeur de la mort et la joie d’être ensemble les arméniens d’Arménie et les autres.
Notre aventure venait de commencer tellement les besoins étaient énormes.
Nous avons accueilli l’indépendance avec fierté et travaillé avec intérêt avec notre premier Président Levon Ter Petrossian.

Conférence de presse en présence du père Raphaël, Charles Aznavour, Levon Ter-Petrossian, Levon Sayan et Dominique Atdjian.

Mon ami le professeur Jan De Maere , vice –président du CDE, s’est rendu début septembre en Arménie et en Géorgie. Il m’a fait part de la solennité des sites visités et des témoignages du passé. Il m’a fait part de l’extrême fragilité politique de la région.

Jan de Maere, vice-président du CDE, au mémorial Tsitsernakaberd à Yerevan.

Je voulais terminer mon propos sur une note de confiance et d’optimisme.
Les ennemis de l’Arménie en ont décidé autrement.

A l’heure où j’écris ces lignes, on compte déjà des morts civils et militaires.
Le but est simple.
Les azéris ont conquis durant la guerre de 2020 près des trois quart du Karabakh.
Aujourd’hui, l’objectif est d’anéantir les 12000 arméniens de l’Artsakh.
La méthode reste la même.
On profite des circonstances internationales en misant sur l’inaction des acteurs de la région dont les
russes. On ne peut que saluer la réaction française immédiate et sincère à la suite de l’engagement de
nombreux politiques français qui se sont rendu sur place ces derniers jours.

C’est désormais à nous de choisir :
Ou on parle de l’Arménie ou on lutte pour l’Arménie.

 

9 octobre 2003

 

 

Dominique ATDJIAN
Président du CDE

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